Le Petit Prince et les Turcs

Ecrit par Abdullah, 2018-01-02 11:55:47


Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry a une place très particulière chez les Turcs et en Turquie, du fait d’un passage du livre qui mentionne un astronome turc, la réforme vestimentaire et Atatürk. Ce passage, encore aujourd’hui, alimente un important débat sur le sens qu’il revêt, mais aussi sur sa traduction turque qui, parfois, n’est pas fidèle au texte original.

Pour résumer, dans le conte, le narrateur présume que la planète du Petit Prince est celle découverte par un astronome turc vêtu d’habits traditionnels. Qui n’est pris au sérieux que lorsqu’il décide d’adopter une tenue plus moderne, sous l’impulsion d’une réforme adopté dans son pays. L’aviateur qualifiant Atatürk, sans le nommer, de dictateur.

Saint-Exupéry, sans le savoir, touche ici un point sensible pour une partie des Turcs. En effet, même si la réforme de 1925 est acceptée par la majorité, il existe depuis son application des personnes très critiques sur le sujet. Certains, craignant que le livre devienne un outil de propagande pour réécrire l’histoire, dénaturant de ce fait l’œuvre, préfèrent traduire le passage différemment.

Malgré ce débat, qui ne trouvera jamais de fin, il est indéniable que le conte de Saint-Exupéry est très apprécié en Turquie, en témoigne le nombre d’édition après que l’œuvre soit tombée dans le domaine public fin 2014.

Ce texte ayant une place singulière en Turquie, l’équipe de Turquie-News se propose de vous le faire découvrir ou redécouvrir en cette période de fêtes.

Suite à une panne de moteur, un aviateur se retrouve coincé dans le désert du Sahara. Là, sans personne, il tente tant bien que mal de réparer son avion. Quelle surprise pour lui quand il découvre, le lendemain de son atterrissage forcé, un petit garçon qui lui demande de lui dessiner un mouton. Voilà donc nôtre aviateur, qui n’est personne d’autre que l’auteur, face à un enfant dont il cherche à connaitre l’histoire.

Voilà un livre d’une simplicité enfantine, tant par son écriture, sa forme ou encore ses illustrations, qui cache une profondeur de sens extraordinaire. Ode à l’enfance, pour les plus jeunes. Conte philosophique, pour les plus âgés, il saura ravir et émerveiller tout le monde. Quelle surprise pour une première lecture tardive, que de découvrir une mine de sens accessible à différents âges à chaque page. À travers les yeux d’un enfant, découvrir l’incohérence, la complexité, le non-sens devenu habituel des adultes ainsi sa propre critique. Voir l’émerveillement, la surprise, les sentiments simples, d’un enfant qui nous montre à quel point le monde s’encombre de détails inutiles. Voilà un conte qui marque à vie son lecteur. Il nous fait poser, à nous, lecteurs, une question simple : voulez-vous vivre une vie longue mais dont l’intérêt se perd au fil des années, ou vivre une vie épanouissante, merveilleuse mais courte ? C’est pour tout cela que ce petit conte a su marquer des générations d’enfants et d’adultes depuis soixante-treize ans et qu’il continuera d’en marquer dans l’avenir.

Le prix pour ce livre étant très varié, il est préférable de savoir quel type d’édition vous souhaitez. Une édition du conte chez Gallimard avec les dessins à l’aquarelle reste la valeur sûre, avec une impression et un format broché de qualité, pour un prix très raisonnable.

Je voudrais conclure avec ces mots du Poète de l’Orient qui me viennent à l’esprit quand je repense au Petit Prince, et qui je trouve, le résume parfaitement :

« Que l’interlocuteur soit enfant, adolescent ou vieillard, le discours en soi ignore les années. » [1]

Date et lieu de première publication : 6 avril 1943, New-York.
Première édition : Reynal & Hitchcock.
Auteur  : Antoine de Saint-Exupéry (29 juin 1900 - 31 juillet 1944), Journaliste, Aviateur et romancier.
Langue  : Français.
Broché : 95 pages ;
Editeur : Gallimard
Édition : Nouv. éd. d’après l’éd. originale américaine de 1943 (10 juin 1999).
ISBN-10  : 2070755894
ISBN-13 : 978-2070755899

Bonne lecture à tous.

[1Maxime (9) ; Poème de L’orient p.194 ; Mohammad Iqbal ; Société d’édition : « Les belles lettres » Paris, 1956.

littérature
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2017 | Mentions l�gales |

Visiteurs connectés : 18