REVUE DE PRESSE DU 13 JUIN 2018

Ecrit par Dilek, Pakize, 2018-06-13 13:36:30


L’équipe tient à souligner que les informations émises dans cette revue de presse ne reflètent pas nécessairement son opinion. Elle s’adresse à un public qui souhaite connaître les sujets traités par les médias francophones relatifs à la Turquie.

REVUE DE PRESSE DU 13 JUIN 2018

Revue de presse du 13 juin 2018

Elections anticipées : un pari risqué

En annonçant les élections législatives et présidentielles anticipées, le président turc a pris un gros risque affirme LE FIGARO qui consacre plusieurs articles à l’évènement. Recep Tayyip Erdoğan est inquiet et « moins bon » constate le politologue Ahmet Insel. Il craint de ne pas être réélu et de perdre la majorité. Le front commun réunissant des courants de pensées très distincts - les sociaux-démocrates du Parti républicain du peuple (CHP), les islamistes du Parti de la félicité (Saadet), les nationalistes du Bon Parti et les conservateurs du Parti démocrate - ne fait que renforcer sa crainte. Alors que, durant 16 ans, il a joué la carte de la polarisation.

De plus, il a favorisé la création de cette opposition analyse le quotidien, en levant les interdictions d’alliance permettant à l’AKP de s’unir avec le parti nationaliste MHP. C’est pourquoi « il ne peut plus accuser ses rivaux d’être des suppôts de l’étranger, des laïcistes qui ont fait fermer des mosquées parce qu’en face, dans l’alliance, il y a le vrai parti islamiste, le Saadet ! » et «  l’absence du parti pro-kurde au sein du bloc d’opposition empêche aussi le président de reprocher à l’alliance rivale de "soutenir le terrorisme" » déclare le politologue.

Le risque de perte d’une partie de son électorat est également une source de peur, ajoute LE FIGARO. Sa dérive autoritaire inquiéterait également son propre camp, comme en témoigne un électeur AKP ayant voté « non » au référendum relatif au régime présidentiel après avoir étudié le texte « je connaissais Recep Tayyip Erdoğan comme un homme de projet, il est devenu un homme de pouvoir » se désole-t-il. Kemal Can, journaliste à Cumhuriyet confirme ce constat « l’AKP a perdu sa capacité à créer une histoire qui mobilise les électeurs ». De plus en plus de ses électeurs seraient déçus par sa politique gouvernementale. Le journaliste estime que la dégradation de sa popularité apparaitrait « dans les centres et chez les populations les plus dynamiques du pays, les grandes villes et les jeunes éduqués » suite aux événements de Gezi en 2013.

D’autre part, le numéro un turc a en face de lui des candidats redoutables comme Meral Akşener, dirigeante du Bon Parti et ancienne ministre de l’intérieur, voulant fédérer autour d’elle l’électorat conservateur déçu par Recep Tayyip Erdoğan. En quelques mois, elle est parvenue à devenir incontournable sur l’échiquier politique du pays, assure LA CROIX, bien que ses chances de se qualifier pour le second tour semblent minces. La formation du IYI parti en octobre 2017, pourrait bien avoir été l’une des raisons qui ont poussé le chef d’Etat turc à convoquer les électeurs le 24 juin. Me. Akşener a notamment pour ambition de récupérer des voix des déçus de l’AKP et du MHP.

Décrit comme charismatique, le candidat du parti kémaliste CHP, Muharrem Ince est une réelle menace continue le quotidien. Il mène une campagne agressive contre le président, indique-t-il.

A ce propos, le risque de crise économique, l’inflation, la dévaluation de la monnaie turque, la baisse du pouvoir d’achat des ménages sont les arguments utilisés par l’opposition pour discréditer M. Erdoğan, rapporte LE FIGARO.

Le vote des Kurdes : enjeu décisif

Selon LA CROIX, qui est allée à la rencontre des Kurdes dans le sud-est de la Turquie, l’électorat kurde détiendrait la clé du scrutin. Depuis 2016, Diyarbakir est sous tutelle d’Ankara, lorsque les deux co-maires du HDP (parti de gauche pro-Kurdes) ont été limogés et emprisonnés, détaille le quotidien.

La campagne pour les législatives et présidentielles du 24 juin se déroule donc dans un climat de tension. « Les gens sont plus méfiants envers l’AKP depuis la tutelle », explique Cuma Çiçek, docteur en sociologie politique. « Le parti ne parvient plus à incarner le réformisme comme il le faisait. Il a perdu la confiance de la population sur sa capacité à régler la question kurde », analyse l’universitaire. Les partis politiques en ont bien conscience. Même Muharrem Ince, candidat du CHP, dont l’électorat est microscopique dans ces régions, a démarré sa campagne dans le sud-est du pays. Tandis que Meral Akşener, candidate du bon parti, promet de « régler la question kurde de façon pacifique ».

Erdoğan peut compter sur les Turcs de Belgique

140 000 personnes de nationalité et d’origine turque sont inscrites sur les listes électorales, signale LA RTBF, qui s’est rendue à Schaerbeek dans le quartier surnommé "la Petite Anatolie". Un commerçant fidèle du président turc vante la construction de routes, des hôpitaux, de l’université sous le gouvernement AKP, au pouvoir depuis 16 ans. Le témoignage d’autres partisans va dans ce sens "J’aime Erdoğan. Les Européens pas. Ils sont jaloux de lui parce qu’avec Erdoğan, la Turquie va monter".

La confiance des marchés est-elle de retour ?

LE FIGARO met l’accent sur une réalité de croissance très complexe. Selon les experts, la croissance reste artificiellement entretenue par le surendettement des dix dernières années, facilitée par des taux d’intérêts proche de zéro. Nombreux économistes mettent en garde contre un risque de surchauffe de l’économie turque, sur fond de croissance très élevée, d’une inflation galopante (à plus de 12% en mai), de la dégringolade de la livre turque et d’un large déficit de ses comptes courants.

C’est pourquoi sous la pression, la banque centrale turque a réagi au plus vite. Elle a augmenté son principal taux d’intérêt à 17,75 %, ce qui lui redonne une certaine crédibilité aux yeux des marchés, se réjouit LES ECHOS.

Elle a porté son taux de refinancement à une semaine de 16,5 % à 17,75 %, soit une progression de 125 points de base. La livre turque s’est redressée la semaine dernière et gagnait 1,9 % à 4,4671 livres pour un dollar.

Mais sur un an, elle a perdu plus de 20 % de sa valeur, précise-t-il. . Récemment, les économistes de la QNB Finansbank estimaient que l’inflation allait continuer d’augmenter pour atteindre jusqu’à 14 % au troisième trimestre et finir l’année à 12,8 %.

Expulsions d’imams en Autriche

La presse francophone s’intéresse à l’expulsion par l’Autriche d’une dizaine d’imams et de sept mosquées financées par la Turquie. La décision de fermeture des mosquées est consécutive à la divulgation de photos de la reconstitution de la bataille de Gallipoli, jouée par des enfants dans d’une mosquée.

Publiées par l’hebdomadaire de centre gauche Falter, les clichés montraient les jeunes garçons en tenue de camouflage alignés en rang, faisant le salut militaire et agitant des drapeaux turcs, devant un public d’enfants. Ces photos ont largement ému la classe politique autrichienne, toutes tendances confondues, explique le journal gratuit 20 MINUTES.

L’Autriche prend des mesures contre « l’islam politique » soutient LE MONDE. Le gouvernement de coalition entre la droite et l’extrême droite FPÖ entend lutter contre l’influence du pouvoir islamo-conservateur turc sur la minorité musulmane. Le chancelier Sebastian Kurz l’avait promis lors de sa campagne, souligne le journal.
« Le cercle de personnes qui pourraient être affectées par ces mesures comprend environ 60 imams », a précisé le ministre de l’Intérieur, Herbert Kickl, membre du FPÖ. Leurs familles sont également concernées et 150 personnes au total pourraient perdre leur droit de résidence en Autriche, a-t-il indiqué, rapporte LE PARISIEN.

Environ 360.000 personnes d’origine turque vivent en Autriche, dont 117.000 ont la nationalité turque rappelle LE FIGARO dont 70% ont voté pour les islamo-conservateurs aux législatives de novembre 2015. Les relations entre les deux pays se sont détériorées depuis la tentative du coup d’état en Turquie en juillet 2016.

L’expulsion de ces imams ne fait que mettre de l’huile sur le feu. Ankara a réagi avec virulence : « Ces mesures sont l’expression de la vague islamophobe, raciste et discriminatoire qui déferle sur l’Autriche », a écrit le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, sur son compte Twitter. Le président Erdoğan, quant à lui, estime que ces mesures vont entraîner « une guerre entre les Croisés et le Croissant », peut-on lire dans OUEST FRANCE. Le croissant de lune est l’un des symboles qui sont régulièrement associés à l’islam.

Condamnations à vie

Relayé par LE FIGARO et OUEST FRANCE, le ministre turc de la justice, Abdülhamit Gül, lors d’un entretien télévisé avec l’agence étatique Anadolu a annoncé la condamnation de plus de 2.000 personnes à des peines de prison, dont plus de 1.500 à vie, dans des procès liés au putsch manqué de juillet 2016 en Turquie. Par ailleurs, 1.478 personnes ont été relaxées, a indiqué le ministre.

Les journaux expliquent qu’Ankara accuse le prédicateur Fethullah Gülen et ses partisans d’être les instigateurs de la tentative du coup d’Etat de juillet 2016. L’imam Gulen, qui nie toute implication, est installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d’années.

Loulou Dédola, passeur de la pensée de Mustafa Kemal

Le scénariste, Loulou Dédola était l’invité de LA RTBF pour parler de sa bd « Le père turc, à la recherche de Mustafa Kemal », illustrée par Lelio Bonaccorso. TURQUIE NEWS a eu également l’honneur de l’interviewer. Le récit mêlant le passé et le présent, abordant la République de Turquie avec son père fondateur Atatürk, l‘intégrisme religieux a été accueilli avec éloge par les médias francophones.

Il raconte l’histoire d’Afife, une féministe intellectuelle turque qui va tenter de sauver son petit neveu Mehmet de la délinquance et des extrémistes de la région lyonnaise en lui faisant découvrir l’histoire de son pays d’origine. La prise de conscience, la connaissance qui sont le fil conducteur, sont essentielles pour accéder à la liberté. La bd met en lumière la dimension humaniste du kémalisme " Paix dans le pays, paix dans le monde " !

Bien qu’engagé et instructif, l’auteur insiste néanmoins sur l’aspect divertissant de la bd.

Yaşar Kemal, l’auteur turc universel

Pour découvrir la littérature turque, 20 MUNUTES vous invite à lire un classique "Mehmet le mince" de Yaşar Kemal, réédité dans la collection Folio.

La lecture vous entraine dans une Turquie rurale, nouvellement républicaine, vivant encore avec les souvenirs très présents de la période ottomane et des stigmates de la guerre. Le quotidien retient la portée universelle du roman, son plaidoyer pour la justice et la dignité des opprimés.

SOURCES :

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