ANITKABIR : VISITE GUIDEE DU MAUSOLEE D’ATATÜRK

Ecrit par Özcan Türk (Facebook), Pakize, 2017-08-17 18:39:58


Par Özcan Türk

Ça faisait 20 ans que je n’avais pas rendu visite à Atatürk. Cet été, je n’avais pas planifié de voyage dans la capitale turque. Pourtant, je ressentais au fond de moi un manque et un besoin. Atatürk est devenu une sorte de refuge tant on a parfois le sentiment que certaines choses évoluent à contre-courant de ses réformes avant-gardistes. J’ai donc décidé de me rendre au chevet de ce génie qui, non seulement a sauvé la Turquie, mais l’a propulsée à l’époque moderne en rendant toute sa fierté au peuple turc et en marquant la préciosité de la femme turque.

C’est avec beaucoup d’émotion que je me suis retrouvé hier matin devant les 26 marches de l’allée aux lions qui marque l’entrée du site du mausolée.

Cette fois, mon attention se portait sur de nombreux détails tant j’étais excité par cette retrouvaille qui intervient 2 décennies après mon départ d’Ankara.
En haut des marches, 2 des 10 tours du mausolée m’accueillent, celles nommées : Indépendance et Liberté.

Dans ce somptueux monument funéraire, terminé en 1953 sur cette colline de 906m d’altitude, tout est symétrique, à l’instar de ces 2 tours.
Avant même que je ne puisse avancer, débute devant moi la relève de la garde. Ainsi, des soldats des 3 corps d’armée (Air, Mer et Terre), triés sur le volet d’après leur physique, -minimum 1,80m de taille-, engagent un joli spectacle protocolaire militaire tout en bruit finement ordonnancé.

La scène est saisissante tant on perçoit l’émotion dans la voix des militaires.
Un maître du protocole en civil surveille le respect scrupuleux de tout geste et mot.

Après quelques pas, m’accueillent 2 groupes de statues qui se font face. À droite, un groupe de 3 femmes liées par une guirlande d’épis de blés pour représenter la fertilité des terres turques. Celle du milieu cache son visage car elle pleure la disparition d’Atatürk et celle à sa droite recueille la pluie dans un récipient.

Face à elles se dressent 3 hommes symbolisant la richesse de la population turque. L’un représente la connaissance avec un intellectuel tenant un livre, le suivant est un berger anatolien symbolisant le monde rural ("le paysan est le noble du peuple" disait Atatürk) et le dernier est un militaire qui représente la sécurité nationale.

Puis, je m’engage dans l’allée aux lions de 262m de long. Les 24 lions, dressés par paire, sont autant que les 24 tribus Oguz des Turcs anciens. L’animal symbolise la force et la sérénité. Les lions sont en travertin blanc et fidèle à la culture hittite, ancienne civilisation d’Anatolie.

Je remarque que la disposition espacée des travertins au sol oblige le visiteur à baisser la tête pour faire attention. Astucieuse technique des deux architectes turcs Emin Onat et Orhan Arda (sélectionnés parmi 47 projets) de remémorer le caractère solennel du lieu et qu’il convient de courber la tête au fur et à mesure que l’on s’approche de la tombe d’Atatürk.

On atterrit ensuite sur la place de cérémonie d’une capacité de 15 mille visiteurs. Elle est recouverte de travertins rouge, noir, jaune et blanc formant 373 motifs de kilim et tapis. Elle est gigantesque ! Juste en face flotte un grand drapeau rouge au croissant étoilé qui fait battre un peu plus vite votre cœur.

Puis, se dresse sur votre gauche le gigantesque mausolée d’Atatürk et ses 44 colonnes de section carrée. L’édifice impressionne et fascine. Il est à la hauteur de ce grand héros qu’est Atatürk !

Pour sa construction, du marbre crème, rouge, noir, vert, rose ainsi que des travertins de ces couleurs ont été ramenés de tous les coins du pays.

Après avoir escaladé les 42 marches et franchi les épaisses portes en bronze, on accède avec émotion et excitation dans le hall d’honneur où trône le sarcophage d’Atatürk. Il est représenté par un monobloc de marbre pesant 40 tonnes ramené d’Osmaniye.

L’estrade sur lequel est posé le sarcophage est composé de marbre blanc d’Afyon, ma province !

Le plafond constitué de 27 poutrelles est entièrement recouvert de mosaïques de couleurs jaune, rouge et blanche. Le jaune or dominant des mosaïques sur le plafond du hall d’honneur mais aussi juste au dessus du sarcophage apporte un éclairage noble et précieux au lieu.

La dépouille d’Atatürk se trouve dans la salle mortuaire en dessous du bloc de marbre de 40T. Le plafond pyramidal de cette pièce est décoré de mosaïques fines dans les styles seldjoukide et ottoman.

Le cercueil de marbre rouge d’Atatürk est orienté vers la Mecque selon les règles islamiques. Il est entouré de 83 vases en laiton contenant de la terre rapportée des 81 provinces turques ainsi que de la République turque de Chypre du nord et de l’Azerbaïdjan. Ces détails sont rapportés par la voix rocailleuse et terriblement émue d’un soldat à côté duquel défilent des images de cette pièce mortuaire non-accessible au public.

La visite est à la fois captivante, excitante, saisissante et émouvante !
Je n’ai pas manqué de faire une prière pour Atatürk devant sa tombe. J’ai voulu à ma façon rendre grâce à Allah d’avoir envoyé au peuple turc et à l’Islam un pareil génie !
Atam seni ne kadar özlemiştim, mekanın cennet ruhun şad olsun !

Très agréable surprise par rapport à mon dernier voyage d’il y a 20 ans, les responsables ont aménagé un merveilleux musée sur Atatürk et la Guerre d’Indépendance turque dans le niveau inférieur du mausolée. Ce musée est très vaste et complet. Il donne à la fois des explications sur les différentes batailles mais aussi sur les accords internationaux et présente aussi les réformes de modernisation mises en œuvre par Atatürk.

On accède également à une pièce où est exposée la riche bibliothèque d’Atatürk avec de nombreux ouvrages en français allant de Montesquieu à la géométrie ! Les annotations manuelles du fondateur de la République turque sont visibles sur certains livres.

Ce musée d’Atatürk et de la Guerre d’Indépendance complète astucieusement la visite auprès d’Atatürk qui voulait surtout que l’on comprenne l’esprit de ses réformes afin de pérenniser le souffle de modernité, de progrès et de raison qu’il a insufflé.

Je suis sorti de ce voyage auprès d’Atatürk le cœur léger et l’esprit plus serein et apaisé ; et plus fort d’une conviction en un avenir meilleur.

Le profil très varié des visiteurs a été aussi une source précieuse de satisfaction : pauvres, riches, modernistes, conservateurs : beaucoup de femmes voilées, de nombreuses jeunes femmes en short, des enfants passionnés, des citoyens curieux, des visiteurs ethniquement différents : turcs, kurdes, arabes,... Bref, toutes les composantes de la société turque !

La population turque est l’espoir de la Turquie. Comme Atatürk le disait : La souveraineté appartient, sans condition aucune, au Peuple !

Vive Atatürk, vive la Turquie !

Source : Page Facebook de Özcan Türk

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