Un navire cargo turc visé par des tirs grecs en mer Égée

mardi 4 juillet 2017, par Hakan

Le capitaine d’un cargo turc affirme que son navire avait été touché par des tirs des gardes-côtes grecs, les autorités à Athènes évoquant de leur côté des « tirs de sommation » contre un bateau soupçonné de transporter de la drogue.

« Nous avons pu compter 16 impacts (de balles). Le navire ne prend pas l’eau, mais notre équipage a vécu un événement très dangereux », a déclaré Sami Kalkavan, capitaine du M/V ACT, à la chaîne d’information CNN-Türk, sans faire état de victimes.

L’incident s’est produit au large de l’île grecque de Rhodes, en mer Égée, théâtre de tensions régulières entre Athènes et Ankara, deux partenaires au sein de l’OTAN qui participent aux négociations visant à résoudre la question chypriote.

La police portuaire grecque a confirmé dans un communiqué que des coups de feu avaient été tirés, soulignant toutefois qu’il s’agissait de « tirs de sommation » et que le navire, refusant de s’arrêter, avait « poursuivi sa route jusqu’aux eaux turques ».

Selon la même source, les autorités portuaires ont demandé au navire turc de se soumettre à une inspection après avoir reçu « un coup de téléphone anonyme » faisant état de la présence de stupéfiants à bord du M/V ACT.

Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères a condamné les tirs grecs qualifiés de « disproportionnés ».

« Rien ne justifie les tirs sur un navire marchand désarmé transportant du fret entre deux ports turcs », a dit le ministère. « Notre seule consolation réside dans le fait que personne n’ait été tué ou blessé dans cet incident ».

Aucune confirmation officielle n’était disponible dans l’immédiat à Ankara. « Nous sommes en contact avec les autres services (turcs) concernés », a-t-on indiqué de source diplomatique turque.

L’agence de presse progouvernementale turque Anadolu a indiqué que deux navires des gardes-côtes et un navire militaire avaient été dépêchés sur place pour enquêter.

Selon le capitaine du M/V ACT, un cargo battant pavillon turc, les gardes-côtes grecs ont ouvert le feu après qu’il eut refusé de s’arrêter pour se soumettre à un contrôle au large de l’île grecque de Rhodes.

« Ils nous ont demandé de nous arrêter, disant qu’ils ouvriraient le feu dans le cas contraire. Et c’est ce qu’ils ont fait », a dit M. Kalkavan.

Cet événement survient alors que d’intenses pourparlers sont en cours en Suisse pour résoudre la question chypriote, un dossier dans lequel Athènes et Ankara, qui parrainent les deux parties opposées, sont très impliqués.

Partenaires, rivales et, autrefois, ennemies, la Turquie et la Grèce travaillent étroitement sur plusieurs dossiers, notamment la question migratoire, et tentent de renforcer leur coopération en matière touristique et énergétique.

Mais les relations entre les deux voisins traversent régulièrement des zones de turbulences, Ankara et Athènes s’accusant ainsi mutuellement de violations régulières des eaux territoriales et de l’espace aérien.

Les tensions ont atteint un niveau élevé à l’hiver dernier, avec des manoeuvres militaires en mer Égée qui ont réveillé le souvenir de la grave crise de 1996 qui avait failli pousser les deux pays à l’affrontement armé.

Autre sujet de discorde : plusieurs militaires turcs accusés d’avoir participé à la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 ont trouvé refuge en Grèce. Ankara réclame leur extradition, ce que la justice grecque a jusqu’ici refusé.

Source : AFP


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