La gloire posthume de Tombili, le chat turc nonchalant

vendredi 7 octobre 2016, par Hakan

Tombili était ce qu’on appelle communément une « figure du quartier ». Toujours en train de traîner sur les trottoirs, devant les cafés, à l’ombre ou au soleil, le chat faisait la fierté du quartier de Kadiköy à Istanbul, en Turquie.

Tombili était un chat de rue, comme Istanbul en compte des dizaines de milliers, mais il n’avait visiblement pas de mal à se trouver de la nourriture. Il était corpulent, penchant sur le légèrement obèse. En début d’année, par le fruit d’une photo postée en ligne, le chat était passé du statut de « personnalité animale ultra-locale » à celui de « star animale planétaire » en devenant un mème.

La photo est devenue iconique car la pose de l’animal était presque humaine : une patte nonchalamment posée sur le trottoir, l’air décontracté et vaguement ennuyé, un animal à l’aise contemplant son territoire.

Tombili était devenu la personnification du chat turc aux yeux du monde, faisant rejaillir un peu de sa gloire éphémère sur les habitants de son quartier, qui l’ont d’autant plus aimé pour cela.

PÉTITION, STATUE ET GLOIRE POSTHUME

Le félin est mort au cœur de l’été. Une pancarte accrochée sur un arbre de la rue Güleç disait que Tombili « vivrait dans nos cœurs ». D’autres habitants ont voulu que son effigie survive aussi dans la rue. Une pétition pour que la mairie érige une petite statue du chat a reçu assez de signatures – plus de 17 000 – pour attirer l’attention des autorités locales.

Naturellement, la statue, qui a été inaugurée le 4 octobre, immortalise Tombili dans la pose qui l’a rendu légendaire. Elle a été placée à l’endroit même où le chat a été photographié et dévoilée pile pour la Journée mondiale des animaux.

Seval Şahin est la sculptrice qui a été mandatée pour réaliser la statue de bronze et on peut dire, sans exagérer, qu’elle n’a pas pris la tâche à la légère : après s’être baladée dans le quartier et avoir discuté avec les locaux pour essayer de capturer l’essence du félin, elle a pris les mesures sur le trottoir. Elle raconte sur 140Journos avoir passé « trois nuits sans sommeil devant la statue de Tombili » avant de trouver la muse salvatrice pour représenter son anatomie : le chat d’une amie qui était, lui aussi, assez gros.

A peine dévoilée, la statue de Tombili attirait déjà des curieux de toutes sortes à Kadiköy.

#Tombılı İşdə Mən)

Une photo publiée par 🇦🇿10 __ 017 (@arslanov.m17) le

At the inauguration of world-famous cat Tombili's statue. #tombili #statue #heykel #kedi

Une photo publiée par Emre K. (@coquethor) le

Par Luc Vinogradoff pour LeMonde.fr


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