Voici le plan euro-turc pour stopper les traversées en mer des réfugiés syriens

Ecrit par Hakan, 2016-03-07 15:48:07


L’accord de réadmission entre Grèce et Turquie permettrait de renvoyer les réfugiés syriens arrivés en Grèce illégalement. L’UE les récupérerait ensuite chez elle de manière organisée.

C’est un nouveau volet d’un plan global de l’UE pour reprendre le contrôle de la crise des réfugiés et des migrants. Il a été longuement discuté lors d’un dîner entre la chancelière Merkel et le premier ministre turc Davutoglu dimanche soir à Bruxelles, auquel ont participé le président de la Commission Jean-Claude Juncker et le premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assure la présidence semestrielle des travaux de l’Union.

Une voie légale de « réinstallation »

L’objet de ce nouveau deal, dont la négociation s’est poursuivie lors de réunions bilatérales ce lundi matin : renvoyer en Turquie les réfugiés syriens repêchés en mer d’Egée par l’opération navale de l’Otan, mais surtout – ce serait la grosse nouveauté – ceux qui arriveront « irrégulièrement » en Grèce.

Ces Syriens seraient ensuite « réinstallés » en Europe par voie régulière à partir de la Turquie. Objectif de l’opération : décourager les Syriens de quitter la Turquie de manière illégale et en enrichissant les passeurs, et remplacer ce flux hors de contrôle par une voie légale de « réinstallation » des réfugiés en Europe. (Terme officiel désignant l’accueil de demandeurs d’asile qui auraient déposé leur dossier dans un pays tiers.)

Légalement, ce schéma est rendu possible par l’accord de réadmission qui existe entre la Grèce et la Turquie, mais qui jusqu’à ces derniers jours n’avait jamais été mis en œuvre. Cet accord prévoit que tous les réfugiés ou demandeurs d’asile peuvent être renvoyés de Grèce en Turquie pendant les quinze jours qui suivent leur arrivée irrégulière en Grèce. Le nouveau schéma, s’il est entériné ce midi lors du sommet UE-Turquie proprement dit, ne s’appliquerait donc pas aux réfugiés syriens déjà en Grèce depuis plus de quinze jours. Concernerait-il ceux déjà en Grèce depuis moins de quinze jours ? Cela reste inconnu à ce stade.

Avantage politique

L’accord en cours de négociation prévoit que l’UE récupérera les réfugiés syriens dans une proportion d’un à un : autrement dit, et par exemple, pour 1000 réfugiés syriens réexpédiés vers la Turquie, l’UE réinstallera 1000 Syriens de Turquie (mais ce ne seront pas nécessairement les mêmes).

Ce schéma présente un avantage politique qui pourrait s’avérer déterminant entre Européens : il permettrait de remplacer le plan de « relocalisation » obligatoire de 160.000 demandeurs d’asile arrivés en Grèce en Italie (plan décidé par l’UE à l’automne dernier), mais qui est un fiasco, et qui suscite toujours une forte opposition des pays d’Europe centrale. Or ces pays se sont toujours dits favorables à des « réinstallations » qui sont toujours volontaires. L’accord de réadmission de Syriens avec la Turquie permettrait donc :

1) de maintenir le principe d’accueil des Syriens ;

2) d’éviter qu’ils prennent la mer, frôlent la mort et arrivent en masse en Grèce ;

3) de soulager dès lors ce pays d’une charge insupportable d’accueil de réfugiés ;

4) d’obtenir par une négociation volontaire de répartition de charge entre Européens ce que le plan de relocalisation n’a pas réussi à faire.

Source : avec LeSoir.be

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