Le plan arménien des 4R (4)

4ème PARTIE

Ecrit par Arif Dursun, 2010-02-03 23:00:00


 

Lire l’introduction et la 1ère Partie : Réclame
Lire la 2ème Partie : Reconnaissance
Lire la 3ème Partie : Réparation

 

PARTIE 4 : « R »
comme Région (en turc « T » de Toprak)


L’achèvement du plan arménien des 4R consiste à arracher des territoires à la Turquie.

La FRA Dachnaktsoutioun a confirmé ses revendications territoriales en 2009, en exprimant son hostilité aux protocoles. Le comité central du parti pour la moitié ouest des États-Unis (« ARF Western US Statement on Proposed Armenia-Turkey Protocols », Asbarez, 2 septembre 2009), puis Mourad Papazian, co-président de la FRA pour l’Europe occidentale (dans sa déclaration du 3 septembre 2009, au nom du parti) ont mentionné explicitement l’abandon des revendications territoriales comme étant une des raisons majeures de s’opposer aux protocoles.

Le parti Hintchak, qui reste puissant à Marseille et en Australie même s’il est beaucoup moins fort que la Fédération Révolutionnaire Arménienne à l’échelle mondiale, a les mêmes revendications territoriales que la FRA. Il l’a rappelé lors de son dernier congrès mondial en date (2005), puis lorsqu’il s’est opposé aux protocoles.

TERRITOIRES EXIGÉS
Sont visées :
-  les six provinces (vilayet) de l’Est : Bitlis, Diyarbakır, Elazığ (anciennement Mamuret ül-Aziz, extension de la ville historique de Harput), Erzurum, Sivas et Van censées représenter « l’Arménie historique » ;

-  les deux provinces : Alep (actuellement en Syrie) et Adana baptisées pour la circonstance « Cilicie Arménienne »

-  et enfin la région de Trabzon, réclamée ultérieurement pour assurer un débouché sur la Mer Noire.

Les propagandistes arméniens arguent insidieusement qu’ils ont été majoritaires dans ces provinces turques.

Boghos Noubar, principal délégué arménien à la Conférence de paix tenue à Paris en 1919 présente cette carte invraisemblable sur les revendications territoriales arméniennes.

Il est important de préciser que les revendications irréalistes de Boghos Noubar constituent l’une des raisons de l’échec de la délégation arménienne à la conférence de paix.

La carte des revendications actuelles de la FRA Dachnaktsoutioun et du Hintchak est celle-ci :

Elle a été réalisée dans les années 1980 mais conserve sa validité chimérique pour ses concepteurs arméniens.

Cette photographie prise lors d’une manifestation organisée par la FRA Dachnak à Toronto, le 5 octobre 2009, disponible sur un site créé par sa branche étasunienne reprend le fantasme des ultra-nationalistes arméniens.

Outre les territoires volés à l’Azerbaïdjan par la guerre de 1991-1994, la FRA Dachnaktsoutioun ambitionne de conquérir la région de Samtskhé-Djavakhétie, une partie de la Géorgie, et le nord-est de la Turquie.

LA DÉMOGRAPHIE
En réalité, les Arméniens n’ont à aucun moment formé une majorité démographique dans ces provinces. Ainsi, l’historien et démographe Justin McCarthy, professeur à l’université de Louisville et qui vit sous la protection de la police américaine depuis 1983, ainsi d’ailleurs que sa proche famille en raison des menaces de mort des extrémistes arméniens, précise :
« Dans ce territoire, qui s’étend de la frontière russe jusqu’à la Méditerranée, il y avait, vers le déclin de l’Empire ottoman, donc entre 1912 et 1915, six provinces, appelées « vilayet ». Dans ces provinces il y avait beaucoup d’Arméniens, mais nulle part les Arméniens ne dépassaient un tiers de la population. Dans la majorité des cas elle était légèrement au-dessous d’un tiers. En fait, si on avait, au début de la première Guerre Mondiale transféré la population arménienne du monde entier dans cette région, la population musulmane aurait toujours dépassé celle des Arméniens. Bien sûr, ces Arméniens n’étaient pas là et cela veut dire que les musulmans dépassaient les Arméniens dans une relation d’environ 6 à 1 » .

Même le Livre Jaune français, qui est pourtant le plus favorable aux Arméniens, ne leur accorde qu’une minorité démographique, ainsi détaillée :
- Bitlis : 32,96% ; Diyarbakır : 16,78% ; Elazığ : 12,04% ; Erzurum : 20,90% ; Sivas : 15,68% et Van : 18,79%
- Adana : 24,14%
- Trabzon : 4,5%

Ainsi, même dans l’hypothèse la plus favorable aux Arméniens, ces derniers ne représentent qu’un tiers de la population de ces régions. Selon l’Encyclopaedia Britannica de 1910, les Arméniens ne formaient que 15 % de la population totale de ces territoires, ce qui rendait fort improbable toute indépendance.

LES MASSACRES DE MUSULMANS
Par ailleurs, Justin McCarty souligne également l’ampleur des massacres de musulmans que beaucoup en Occident ne veulent pas entendre :
« Si on prend l’Anatolie entière - toute la région qui s’étend de la mer Egée et de la Méditerranée jusqu’à la mer noire et le Caucase - on arrive approximativement à 600.000 Arméniens morts. Dans la même région on avait 2,5 millions de morts musulmans, pour la plupart des Turcs. Même dans le territoire d’Arménie on arrive à un million de morts musulmans, en général Turcs. Il y avait quelques autres peuples, mais en majorité ils étaient Turcs. Cela veut dire, que dans le territoire appelé Arménie, le nombre des tués turcs dépassait celui des tués arméniens par des centaines de milliers. Or, ce territoire a toujours été présenté comme le territoire où les Arméniens furent massacrés. Jusqu’à un certain degré cela est vrai, mais au nom de l’exactitude historique ce territoire doit aussi être présenté comme une région où l’on massacrait des musulmans - beaucoup plus de musulmans. »

A ce sujet, Boghos Noubar, délégué arménien cité plus haut, avoue ainsi :
« Les pertes arméniennes ont certes été grandes, mais celles des Turcs ne le sont pas moins. Selon un rapport allemand, la guerre, les épidémies et la famine ont tué 2 500 000 Turcs. L’incurie, le manque de personnel hospitalier et de médicaments ne firent rien pour aider les choses. La moitié de ces pertes de vie ont eu lieu dans les provinces arméniennes... envahies par les armées russes et arméniennes... » (Salahi Sonyel, The Ottoman Armenians, K. Rustem and Brother, Nicosie, 1987- page 301)

Par ailleurs, dès 1917, l’Empire ottoman faisait publier un recueil de Documents sur les atrocités arméno-russes.
En 1919, un opposant aux Jeunes-Turcs publiait un ouvrage recueillant de nombreux documents ottomans, et aussi russes, Turcs et Arméniens devant l’histoire.
La même année, le Congrès national turc, lui aussi opposé aux Jeunes-Turcs publiait des Documents relatifs aux atrocités commises par les Arméniens sur la population musulmane.
Toujours en 1919, le Congrès national publiait une traduction en français et en anglais des notes prises par le lieutenant-colonel Twerdokhleboff sur les massacres de Turcs par des volontaires arméniens à Erzurum et ses environs, en 1918.

En outre, après son enquête en Anatolie, la mission militaire américaine, dirigée par le général James G. Harbord, ouvertement proarménien, conclut :
« Dans les territoires non touchés par la guerre, et d’où les Arméniens furent expulsés, la destruction de villages doit être attribuée à des exactions de Turcs, mais là où des Arméniens [en armes] avancèrent et reculèrent aux côtés des Russes, les cas avérés de cruautés commises par ces Arméniens rivalisent incontestablement avec ceux des Turcs dans leur inhumanité. » (Conditions in the Near East. Report of the American Military Mission to Armenia, Washington, Government Printing Office, 1920, p. 9.)

Dans un rapport séparé, et qui, curieusement, n’a pas été publié, le capitaine Emory Niles et Arthur Sutherland indiquent :
« Dans toute la région [de Bitlis à Beyazid, en passant par Van], nous avons été informés des dommages et des destructions commises par les Arméniens qui, après que les Russes se sont retirés, ont occupé la région, et qui, quand l’armée turque avança, détruisirent tout ce qui appartenait aux musulmans. Par ailleurs, les Arméniens sont accusés d’avoir commis des meurtres, des viols, des pillages et d’horribles atrocités à l’encontre de la population musulmane. Au début, nous avons accueilli ces récits avec incrédulité, mais nous sommes finalement arrivés à les tenir pour vrais, car les témoignages furent absolument unanimes, et sont corroborés par des preuves matérielles. Par exemple, le seul quartier demeuré intact à Van et Bitlis, c’est le quartier arménien, comme cela peut être démontré par la présence d’églises et d’inscriptions caractéristiques sur des maisons, alors que les quartiers musulmans sont entièrement détruits. […]
Sans nous perdre dans le récit détaillé de nos enquêtes, l’un des faits les plus marquants qui ont retenu notre attention, c’est qu’en chaque lieu, de Bitlis à Trébizonde [Trabzon], dans cette région que nous avons traversé, les Arméniens commirent contre les Turcs tous les crimes et toutes les atrocités commises par des Turcs à l’encontre d’Arméniens. Au début, nous accueillîmes ces récits avec un grand scepticisme, mais l’unanimité des témoignages, […] et, surtout, les preuves matérielles nous ont convaincu de la véracité générale des faits suivants : premièrement, des Arméniens ont massacré des musulmans en grand nombre, avec bien des raffinements de cruauté ; et, deuxièmement, les Arméniens sont responsables du plus grand nombre de destructions dans les villes et les villages.
 » (Archives nationales américaines, 184.021/175, reproduit dans Justin McCarthy, « The Report of Niles and Sutherland », XI. Türk Tarih Congresi, Ankara, TTK, 1994, pp. 1828-1829 et 1850.)

Onnig Mukhitarian, l’un des insurgés arméniens de Van, confirme les destructions :
« Il était nécessaire de piller et de détruire tous les quartiers turcs, afin qu’ils ne puissent nourrir aucun espoir de retour. » (An Account of the Glorious Struggle of Van-Vasbouragan, Detroit, General Society for Vasbouragan, 1967, p. 117 ; traduit de l’arménien par Samuels Tarpinian).
Hayg Shiroyan, Arménien ottoman naturalisé américain, écrit dans ses Mémoires :
« Les armées russes victorieuses, renforcées par des volontaires arméniens, ont tué tous les Turcs qu’elles ont pu trouver, et détruisirent toutes les maisons où elles pénétrèrent. » (Smiling through the Tears, New York, 1954, p. 186).

LA FRONTIERE TURCO-ARMÉNIENNE
Le premier traité qui fixe la frontière actuelle entre la Turquie et l’Arménie est le traité de Gümrü (Gyumri), signé le 3 décembre 1920 par le gouvernement dachnak d’Erevan. Peu après le traité, l’Arménie est soviétisée, et la FRA Dachnaktsoutioun n’a plus aucune part au pouvoir à Erevan. Elle organise donc une insurrection, en février 1921. Ne trouvant aucune aide auprès de Londres, Paris et Washington, elle demande le soutien… des Turcs kémalistes, en excipant du traité de Gümrü (lettre de Simon Vratzian à Mustafa Kemal, le 18 mars 1921, reproduite intégralement par Kapriel Serope Papazian, Patriotism Perverted, Boston, Baikar Press, 1934, pp. 77-78).
Le 13 octobre 1921, le gouvernement turc signe avec l’URSS le traité de Kars, confirmant celui de Gümrü.
Pourtant, dans l’optique d’extirper des régions à la Turquie, les nationalistes arméniens refusent de reconnaître la validité du traité de Kars dont les signataires arméniens étaient le commissaire du peuple des affaires étrangères A. Mravjan et le commissaire du peuple des affaires intérieures P. Makintsjan.

Cela signifie clairement que l’intégrité territoriale de la Turquie est contestée. D’ailleurs, l’article 11 de la Déclaration d’Indépendance de l’Arménie signée du président Levon Ter-Petrossian le 23 août 1990 stipule :
« La République d’Arménie supporte les efforts en vue de la reconnaissance dans le monde de l’acte de génocide perpétré en 1915 en Turquie ottomane et en Arménie occidentale ». L’Arménie occidentale représentant l’Est de la Turquie.

Les protocoles turco-arméniens du 10 octobre 2009 chamboulent, sur ce point également, les plans de la FRA Dachnaktsoutioun. En effet, par ces textes, les deux pays confirment « la reconnaissance mutuelle de la frontière entre les deux pays ».
Serge Sarkissian fait donc preuve de lucidité et préfère le pragmatisme en respectant le droit international que les fantasmes et l’utopie dachnak qui visent la création d’un grand Hayastan en spoliant des régions de Turquie.

Pour clore sur ce quatrième « R », il est évident que ce dernier palier des extrémistes arméniens ne relève tout bonnement que d’un délire fantasmatique.

 

CONCLUSION GÉNÉRALE
Ce Plan des 4R du parti social-nationaliste arménien FRA Dachnaktsoutioun a été malheureusement conçu et mis en œuvre avec une volonté particulièrement viscérale de vengeance atavique.
La fixation obsessionnelle de « génocide » des Arméniens s’est imposée à eux lentement comme une identité de victimisation dans laquelle s’est fondue l’âme des activistes diasporiques. Cette identité de la « martyrocratie » ne veut plus disparaître aujourd’hui. Pire, elle véhicule turcophobie, racisme et vendetta en toute impunité. Pourtant, la paix doit être l’objectif unique, car elle seule, constitue l’issue de cette douleur commune.
Pour conclure, je rappellerai des propos qui siéent justement à cette situation. Ils appartiennent à Emmanuel Hoog, le président-directeur général de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) : « L’histoire est scientifique, la mémoire est politique, le souvenir est privé ».

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