Le plan arménien des 4R (3)

3ème PARTIE

Ecrit par Arif Dursun, 2010-01-15 17:00:00


 

Lire l’introduction et la 1ère Partie : Réclame
Lire la 2ème Partie : Reconnaissance

 

PARTIE 3 : « R »
comme Réparation financière (en turc « T » de Tazminat )


Selon le plan de la FRA Dachnaktsoutioun, lorsque la Turquie sera à genoux et ira à Canossa après une reconnaissance forcée du « génocide », elle devra payer.
Les réparations financières constituent une condition sine qua none dans la stratégie des extrémistes arméniens.
Elles ont été de nouveau ouvertement exigées il y a quelques mois, et cette fois par le Catholicos Aram Ier, l’actuel primat du « catholicosat de la Grande Maison de Cilicie ».

A l’instigation du parti dachnak, les organisations arméniennes organisent régulièrement en France ou aux Etats-Unis des débats au sujet de leurs « revendications matérielles et morales ».

LES ARCHIVES DE TURQUIE
Pourtant, les archives ottomanes regorgent de documents qui ne sont autres que des instructions émanant du Ministère de l’intérieur ottoman et ordonnant la restitution des biens des déportés et l’interdiction à quiconque de s’en emparer ou de les échanger.
La plupart de ces documents comme celui référencé « BOA DH. n°19/195 » du 15 février 1919 se présentent sous forme de message télégraphique destinés aux préfectures de Province.
Ces documents sont aisément consultables sur le site web de la Direction générale des archives d’état basée à Ankara : http://www.devletarsivleri.gov.tr/kitap/

La version disponible n’est malheureusement qu’en langue turque pour l’instant.

LES MESURES PRISES POUR LES DÉPORTATIONS
De plus, une partie des documents relatifs aux restitutions de biens et aux procès pour homicide volontaire, viol, vol, etc., ont été traduits en anglais dans le recueil bilingue édité par Hikmet Özdemir et Yusuf Sarınay, Türk-Ermeni ithilâfı belgeler/Turkish-Armenian Conflict Documents, Ankara, TBMM, 2007. Le recueil n’est pas disponible en ligne pour le moment.
Une autre partie se trouve dans le recueil, également bilingue (turc-anglais), de documents de l’armée ottomane, qui, lui, est disponible en ligne.

En outre, dès 1972, Salahi Soynel citait le commentaire d’un fonctionnaire du Foreign Office, D. G. Osborne, à propos d’un ordre donné par le ministère de l’Intérieur ottoman en 1915, et saisi par l’armée britannique en 1919 : « au contraire, le dernier paragraphe de l’ordre met spécialement en garde contre les mesures susceptibles de déclencher des massacres » -’Armenian Deportations : A Re-Appraisal in the Light of New Documents’, Belleten, janvier 1972, pp. 59-60-.

LES PROCÈS OTTOMANS
Au surplus, il est important de mentionner les procès en cour martiale, pour crimes contre des déportés arméniens, intentés à l’initiative de Talat Pacha et Cemal Pacha. Au cours de l’année 1915, plus de vingt musulmans sont déférés devant une cour martiale sur ordre de Talat, puis condamnés à mort et pendus, pour avoir tué des Arméniens ; Cemal fait pendre plusieurs autres criminels en janvier, puis en février 1916.
Du 12 mars au 22 mai 1916, 1 673 musulmans sont jugés par une cour martiale pour le même motif, suite à une enquête menée par les commissions créées par Talat. Soixante-sept sont condamnés à mort et pendus, 524 sont condamnés à une peine de prison, soixante-huit à d’autres peines, dont les travaux forcés. Ces chiffres ne représentent qu’une partie de la répression, puisque les enquêtes se poursuivent jusqu’à la fin de la guerre mondiale, en 1918. Ils n’incluent pas non plus les mutations forcées, rétrogradations et mises à pied, contre des fonctionnaires qui ont outrepassé les ordres de déportation, ou qui ont regardé ailleurs pendant que leurs subordonnés se livraient à des crimes.
Une partie des documents sur ces procès a été publiée, le reste est en accès libre aux archives nationales turques.

LES COMPAGNIES D’ASSURANCES POURSUIVIES
Pourtant, dès le début du second millénaire, les organisations arméniennes intentent des procès aux compagnies d’assurances auprès desquelles les Arméniens ottomans ont souscrit des contrats d’assurances avant 1915.

Au final, les avocats arméniens obtiennent 20 millions de dollars de la compagnie américaine New York Life en 2000 et 17 millions de dollars en 2005 de l’assureur français Axa (qui a racheté Union Vie devenue UAP). Les descendants de souscripteurs d’assurance-vie qui ont péri lors des déportations dans l’empire ottoman sont indemnisés.

En outre, une procédure judiciaire à l’encontre de la Deutsche Bank est engagée le 22 novembre 2006 et vise à « récupérer les biens spoliés par la compagnie allemande en 1915, évalués à plus de 20 millions de dollars en dépôt ». Les Arméniens lui reprochent également que « des milliers de déportés arméniens aient été réduits en esclavage sur ses chantiers de la voie de chemin de fer Berlin-Bagdad » (sic).

Il convient de préciser que les États-Unis n’ayant pas garanti le traité de Lausanne, à cause du lobby arméno-américain, le règlement des contentieux s’est effectué par une série d’accords bilatéraux. L’un d’entre eux concernait les biens des citoyens américains, volés ou détruits pendant la guerre ; or, cet accord inclut les citoyens ottomans naturalisés américains après la fin du conflit. Plusieurs Arméno-Américains ont réclamé des indemnités, prétextant de « spoliations » ; aucun de leurs dossiers n’a été jugé crédible par les fonctionnaires américains, comme chacun peut le constater en lisant le texte de l’accord, disponible en ligne, et en relevant les noms arméniens dans la liste de ceux qui réclamaient une indemnité.
Arguant, notamment de cet accord, un tribunal américain, présidé par la juge Morrow, a débouté les plaignants arméno-américains de toutes leurs demandes contre la Deutsche Bank A.G.

 

Cette étape illusoire doit déboucher, selon les projets des ultranationalistes arméniens, sur la dernière phase de la manœuvre qui relève carrément du fantasme : « les réparations territoriales ».

 

Suite : Partie 4 : « Région »

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