Le plan arménien des 4R (2)

2ème PARTIE

Ecrit par Arif Dursun, 2010-01-05 09:21:39


 

Pour lire l’introduction et la 1ère Partie : cliquez-ici

 

PARTIE 2 : « R »
comme Reconnaissance (en turc « T » de Tanınma )


Cette deuxième étape du plan dachnak vise une reconnaissance unanime du « génocide » comme un fait avéré. Son but ultime est, bien-sûr, de faire reconnaître à la Turquie « son crime de génocide ».

DÉBÂCLE AVEC LES HISTORIENS SPÉCIALISÉS
Les activistes arméniens de la FRA Dachnaktsoutioun, persuadés d’aboutir à leurs fins, s’orientent tout d’abord et en toute logique vers les milieux académiques d’Historiens. Mais, ils se heurtent rapidement à la rigueur scientifique de ces experts qui majoritairement refusent de qualifier la tragédie de 1915 comme « génocide ».
L’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l’assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948, donne une définition précise du mot ‘génocide’ : « …un quelconque acte commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux »
C’est précisément le caractère intentionnel, en somme la préméditation, qui fait défaut pour le drame de 1915. Aucun document historique n’a pu être fourni démontrant un ordre du gouvernement ottoman : ‘Comité Union et Progrès’ visant la destruction de la nation arménienne.

Progressivement, tous les éléments dont disposent les organisations diasporiques du Dachnaktsoutioun succombent et trépassent sous l’œil de la critique scientifique.

- Les télégrammes attribués à Talât Pacha ou « documents d’Andonian » se révèlent uniment des faux vulgaires fabriqués par l’Arménien Andonian. Ajoutons que l’historien autrichien d’origine arménienne Artem Ohandjanian n’a jamais voulu entendre parler des documents d’Andonian et a laissé son préfacier Wolfdieter Bihl les désigner comme du matériel « controversé », auquel il vaut mieux ne pas se référer ;

- Le Livre bleu de Brice et Toynbee est qualifié par ses propres auteurs « d’ouvrage de propagande de guerre » ;

- « Les dessous des mémoires de l’ambassadeur Morgenthau » sont dévoilés par le professeur américain Heath W. Lowry. Heath Lowry démontre que les fameux Mémoires de l’ambassadeur Morgenthau sont démentis par ses archives personnelles : journal intime, lettres à ses proches, télégrammes envoyés au gouvernement américain. L’historien américain a aussi travaillé sur les archives de l’amiral Bristol, successeur de Morgenthau à Istanbul ;

- Il résulte des travaux du même Heath Lowry que la phrase attribuée à Hitler : « Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? » a été évoquée lors du procès de Nurenberg et que le Tribunal a considéré cette déclaration apocryphe. En fait, trois versions du discours d’août 1939 d’Hitler furent présentées. Les deux qui n’incluent pas la phrase sur les Arméniens ont été retenues comme authentiques, l’autre a été rejetée. De toute façon, le contexte de cette prétendue phrase concerne les Polonais et non les Juifs. Même Yves Ternon (La Cause arménienne, Paris, Le Seuil, 1983), rejette l’idée que cette phrase permette d’établir un lien avec la Shoah ;

- Les « dix commandements » du Comité Union et Progrès, souvent cités par le professeur Vahakn N. Dadrian, sont discrédités. Le très pro-arménien Donald Bloxham les considère comme d’une authenticité « au mieux douteuse » et qu’il s’agit « probablement d’un faux » (« Donald Bloxham Replies », History Today, LV-7, juillet 2005) ;

- Le recueil de documents allemands publié par Johannes Lepsius en 1919 s’est avéré être non seulement très sélectif, mais aussi, ce qui est encore plus grave, entaché de nombreuses falsifications. Lepsius a mutilé de nombreux documents (retirant jusqu’aux deux tiers d’un texte), remplacé certains mots, réécrit certaines phrases. Une comparaison systématique entre la version de Lepsius et les originaux a été effectuée par Cem Özgönül (Der Mythos eines Völkörmordes. Eine kritische Betrachtung der Lepsiusdokumente sowie der deutschen Rolle in Geschichte und Gegenwart der armenischen Frage, Cologne, Önel Verlag, 2005) ;

- Inversement, Guenter Lewy a exhumé plusieurs documents allemands et américains, contredisant la thèse du « génocide », par exemple les rapports d’Heinrich Bergfeld, consul d’Allemagne à Trabzon, et celui d’H. Philips, fonctionnaire à l’ambassade des États-Unis ;

- Quant aux témoignages écrit et photographique d’Armin Wegner, au terme d’une étude minutieuse dans les archives allemandes, Martin Tamcke, professeur à l’université Georg-August de Göttingen, conclut que son livre est si truffé d’erreurs qu’il n’a aucune valeur comme source, et que les photographies prises ne représentent, dans le meilleur des cas, qu’une partie de la réalité. Martin Tamcke précise également que Wegner était quelqu’un de fort peu équilibré mentalement (Armin T. Wegner und die Armenier : Anspruch und Wirklichkeit eines Augenzeugen, Münster, Lit, 1996). Même Tessa Hoffman, ardemment pro-arménienne, a fini par reconnaître, suite aux travaux de Martin Tamcke, que Wegner était une source dénuée de fiabilité ;

- Le premier Premier Ministre arménien Hovannès KATCHAZNOUNI révèle au Congrès du parti Dachnak, en 1923 à Bucarest, un manifeste accablant pour les accusations des dachnaks de génocide. Ce manifeste est publié en 1955 avec le titre : « Désormais la FRA n’a plus rien à faire ». L’auteur est l’un des piliers du Dachnaktsoutioun et connaissait chacun des plus anciens secrets du Parti, pendant et après la fondation de la république arménienne.

La liste complète étant trop longue, voici quelques Historiens spécialistes de l’Empire ottoman, ou ayant travaillé sur les évènements de 1915-1916, et récusant l’épithète « génocide » :
- Gilles Veinstein, professeur au Collège de France ; feu Robert Mantran (mort en 1999), ancien professeur à l’université de Provence, ancien membre de l’Institut ; feu Jean-Paul Roux (décédé le 29/06/2009), spécialiste en turcologie et professeur à l’Ecole du Louvre ; Paul Dumont, professeur à l’université de Strasbourg-II, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes

- Bernard Lewis, professeur honoraire à l’université de Princeton ; Günter Lewy, professeur honoraire à l’université du Massachussetts ; Heath Lowry, professeur à l’université de Princeton ; Justin McCarthy, professeur à l’université de Louisville (Kentucky) ; feu Stanford Jay Shaw (mort en 2006), professeur à l’université de Los Angeles, puis à l’université Bilkent d’Ankara, Philip H. Stoddard, docteur en histoire ottomane (thèse soutenue à l’université de Princeton) ; Michael Gunter, professeur à l’université du Tennessee ; William M. Batkay, professeur au Montclair State College (États-Unis) ; feu Roderic H. Davison, ancien professeur à l’université George-Washington ; J. C. Hurewitz, ancien directeur du Middle East Institute, université de Columbia (Washington) ; Edward J. Erickson, docteur en histoire ottomane et historien militaire américain

- Gwynne Dyer, docteur en histoire ottomane (thèse soutenue à l’université de Londres) ; Norman Stone, ancien professeur à l’université d’Oxford, actuellement professeur à l’université Bilkent ; Andrew Mango, université de London et ancien responsable de programmes à la BBC ; Erik Zürcher, professeur à l’université de Leyde (Pays-Bas) ; Stefano Trinchese de l’Université Chieti ; Augusto Sinagra de l’Université Romae-Sapienza,

Ajoutons y uniquement trois Turcs pour information :

Et, une liste non exhaustive des historiens ayant défendu, voire approuvé, leurs collègues contestant la notion de génocide :
Pierre Chuvin, professeur à l’université de Paris-X-Nanterre ; Pierre Nora, de l’Académie française, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales ; Madeleine Rebérioux (morte en 2005), ancien professeur à l’université de Paris-VIII ; René Rémond, de l’Académie française, ancien président de la Fondation nationale des sciences politiques ; Maxime Rodinson, ancien directeur d’études à l’École pratique des hautes études ; Amon Cohen, professeur à l’université de Jérusalem ; Eberhard Jäckel, professeur émérite à l’université de Stuttgart, l’un des plus grands spécialistes du nazisme

LA POLITIQUE : ARME SUPRÊME ?
Les militants de la "Fédération Révolutionnaire Arménienne", après avoir subi un sérieux revers avec les spécialistes de l’Histoire turque et ottomane, ont l’idée ingénieuse de se focaliser sur le clientélisme politique.
Patrick Devedjian qui qualifie les actions meurtrières du groupe terroriste ASALA de « résistance » (sic) et qui a aussi été l’avocat du dachnak Max Kilndjian, condamné en 1982, par la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour complicité dans une tentative de meurtre contre l’ambassadeur de Turquie en Suisse, indique le chemin : « Le débat n’est pas historique, il est politique ».

L’objectif est, donc, de politiser au maximum la thèse du « génocide » afin de pousser les parlements des pays où vivent des populations arméniennes à légiférer dans leur sens. En substance, peu importe si les Historiens refusent d’écrire la version arménienne de l’Histoire car les Politiciens vont écrire des lois qui vont dire l’Histoire. L’effet est implacable et incontournable puisque d’ordre juridique. La loi oblige à l’obéissance et à la soumission de tous. Exactement, ce que veulent les nationalistes arméniens.
C’est du jamais vu dans l’histoire de l’humanité !
Les organisations arméniennes, encadrées par le Dachnak, vont alors mener des campagnes de lobbying intensives et peser de tout le poids électoral de la population d’origine arménienne. Celui-ci est loin d’être négligeable. Les estimations démographiques dénombrent en Russie : 1,2 millions d’Arméniens , en France : un demi million, en Iran et aux Etats-Unis : 400 mille, en Syrie : 200 mille, au Liban : 150 mille, etc.

Premier pays : l’URUGUAY
Le premier pays à tomber dans les filets du lobbying arménien de la FRA Dachnaktsoutioun est, aussi étonnant qu’il puisse paraître, l’Uruguay qui « reconnaît officiellement le génocide arménien », le 20 avril 1965. Vivent dans ce petit pays de 3,4 millions d’habitants, aussi peuplé que l’Arménie, 20 mille Arméniens bien intégrés et très influents.
Autrement, comment l’Uruguay : pays d’Amérique latine, coincé entre le Brésil et l’Argentine et dont ses députés situeraient difficilement la position géographique de la Turquie sur une carte, peut juger l’histoire d’un pays, distant de 13 mille kilomètres et avec lequel il n’a jamais eu aucune relation de toute son histoire… hormis quelques matchs de football !?

L’influence des activistes du Dachnak fait alors adopter progressivement son dogme notamment à Chypre, la Douma russe, la Grèce, le sénat belge, le Liban, le Vatican, la France, l’Argentine, les Pays-Bas, la Slovaquie, le Canada et la Pologne.

Il est à souligner que la résolution suisse en faveur du génocide n’a été votée que par l’Assemblée nationale, contre l’avis du Conseil fédéral et du gouvernement. Pourtant, le chef du "Parti des Travailleurs" turc, Doğu Perinçek, est condamné, le 9 mars 2007, par le tribunal de police de Lausanne (première instance) pour avoir proféré sur le territoire helvétique, à Lausanne et à Zurich des propos "niant le génocide des Arméniens", enfreignant par là l’article 261bis du Code pénal suisse, "segrégation raciale" ! Le Tribunal fédéral suisse ayant rejeté l’appel de D. Perinçek, ses avocats ont annoncé qu’ils allaient interjeter appel, cette fois, devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Des pays résistent...
Heureusement, d’autres pays refusent de se laisser leurrer tels la Suède, le Danemark, la Bulgarie, l’Espagne ou Israël.

La position de La Grande-Bretagne mérite grandement d’être connue. L’Albion rejette catégoriquement l’assertion arménienne de génocide. Ce pays a été un acteur et témoin direct des événements de 1915 puisqu’il occupait Istanbul et avait donc accès à toutes les archives et documentations de l’Etat ottoman. A la demande des Arméniens, la Grande-Bretagne a recherché, à l’époque des faits, des "preuves" pour organiser le procès de responsables ottomans mais a dû renoncer à ce vain projet au bout de trois ans d’enquête, faute d’élément attestant du caractère prémédité, organisé et planifié des massacres.

En outre, il est important de dire que le « génocide arménien » n’a jamais été universellement reconnu, y compris par la seule organisation internationale véritable : l’ONU. La preuve en est par le rejet, en 1974, de la résolution 30 visant précisément cette reconnaissance.
De plus, le rapport établi par Benjamin Whitaker et soumis, le 29 août 1985, à la sous-commission des Nations Unies sur la prévention des discriminations et sur la protection des minorités, n’a jamais été présenté à l’instance supérieure qui est à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, et encore moins à l’Assemblée Générale des Nations-Unies.

En France
Dans notre pays, la loi n° 2001-70, promulguée le 29 janvier 2001 est déclarative et, sans citer d’auteur, écrit l’Histoire laconiquement par un article unique :
 « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915. »
Il est particulièrement révélateur de savoir que cette loi repose sur un vote auquel ont participé seulement 51 députés sur 577 à l’époque.
Est-il utile de dire que l’immense majorité de ces 51 députés, oubliant l’intérêt commun et les impératifs de leur mandat, ont malheureusement cédé aux desiderata communautaristes de leurs administrés d’ascendance arménienne et d’obédience dachnak qui ont fait prévaloir un contentieux lié à leurs origines devant les valeurs d’équité de la République française ?

La proposition historique turque
Pour que toute la lumière soit enfin faite sur le drame de 1915 et contrer la perversion politicienne des extrémistes arméniens, le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdoğan propose solennellement, en avril 2005, au président arménien de l’époque, Robert Kotcharian de mettre en place une commission d’historiens. La Turquie qui fait entériner, au préalable, cette proposition par sa Grande Assemblée Nationale s’engage à accepter les conclusions de cette commission et en assumer toutes les conséquences.
Cependant, Kotcharian, sous influence de la FRA Dachnaktsoutioun, décline l’offre turque.

Toutefois, le récent rapprochement turco-arménien sous égide helvétique et surtout grâce à la clairvoyance d’un Erdoğan habile et d’un Sarkissian pragmatique vient modifier les plans des nationalistes arméniens. Les protocoles rendus public le 1er septembre 2009 et signés le 10 octobre suivant à Zurich prévoient, entre autres, la formation d’une sous-commission sur le différend historique qui oppose les deux pays. La diaspora arménienne d’obédience dachnak estime que cette commission va entraver le processus de reconnaissance politique de sa thèse sur la scène internationale en recentrant le litige sur l’Histoire.
La Fédération Révolutionnaire Arménienne Dachnaktsoutioun qui avait quitté le gouvernement de coalition d’Arménie le 27 avril 2009 pour protester contre la signature de la feuille de route turco-arménienne, dénonce le premier, par la bouche de son représentant fielleux Mourad Papazian, « l’illégitimité » des dirigeants d’Arménie. Lors de sa visite en France et aux Etats-Unis, le président arménien est ouvertement accusé de « traître » par les diasporiques haineux. L’affolement et la peur gagnent l’activisme dachnak de la diaspora qui, pour la première fois de son histoire, perd son contrôle sur le gouvernement d’Arménie dans sa politique envers la Turquie.

Néanmoins, l’objectif des nationalistes arméniens demeure, à moyen terme, la reconnaissance du « génocide arménien » par les Etats-Unis puis finalement par la Turquie bien-sûr.
Ainsi, pourra suivre l’étape suivante du plan des 4R.

 

Suite : Partie 3 : « Réparation »

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