Deniz Gamze Ergüven : « La Turquie a toujours eu un côté un peu schizophrène »

Ecrit par Hakan, 2015-05-21 11:58:21


La réalisatrice franco-turque présente un très beau premier film sur la place des femmes en Turquie.

Mustang, le titre du très beau premier film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, n’est pas une référence aux voitures, mais aux chevaux sauvages du Nord-Ouest américain. Ces chevaux qui sont synonymes de fougue, de liberté, sont l’allégorie des cinq héroïnes du film. Cinq filles –dont les plus jeunes ne sont pas encore adolescentes– qui vivent loin d’Istanbul, dans la Turquie conservatrice, élevées par leur oncle et leur grand-mère, les cheveux au vent, les jambes dénuées, l’insouciance et l’exaltation de leur âge.

Jusqu’au jour où, après avoir joué dans la mer avec des garçons, avoir grimpé sur leurs épaules pour des batailles d’eau, elles sont rattrapées par la morale traditionaliste, les rumeurs du village sur leur compte, et leur grand-mère qui leur demande dans des cris horrifiés pourquoi elles sont allées « frotter leur entrejambe à la nuque de garçons ». On entre alors dans la confrontation de cette jeunesse innocente aux conventions mortifères, et dans la préparation de mariages arrangés pour les faire entrer dans le droit chemin.

Dans cette histoire, mise en scène de manière lumineuse, racontée du point de vue de la plus jeune et de la plus insoumise des filles, Lale, « il y avait un désir de départ : raconter ce que c’est qu’être une femme aujourd’hui en Turquie », explique à Slate Deniz Gamze Ergüven.

La réalisatrice est comme Lale la plus petite d’une famille qui, sur deux générations, est constituée de beaucoup de femmes. « J’avais exactement le même point de vue qu’avait Lale. J’ai vu mes aînées grandir et j’avais en tête comme un petit trésor d’histoires que j’avais envie de raconter. »

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