Mirvari Fataliyeva : « Mes avocats étudient toutes les responsabilités dans l’enchainement qui a abouti à cette violence »

Ecrit par Ali Bal, 2013-03-06 08:19:27


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Mirvari Fataliyeva /]

Hier soir, mardi 5 mars à 20h30, la radio des turcophiles, « Made in Turkey » recueillait le témoignage de madame Mirvari Fataliyeva, victime d’une ignoble agression physique de la part d’une dizaine d’extrémistes arméniens au sein même de l’Assemblée nationale. Cette tentative de lynchage est intervenue mardi 26 février alors qu’elle participait avec son collègue étudiant, Vusal Huseynov, à une conférence organisée par deux groupes : le Bureau français de la cause arménienne (BFCA) et le Comité de défense de la cause arménienne (CDCA), affiliés à l’organisation nationaliste arménienne, FRA Dachnaksoutioun, à l’origine de nombreux actes de terrorisme contre des Turcs.

L’animateur a rappelé en préambule que madame FATALIYEVA était née à Goubadly dans une région d’Azerbaïdjan adjacente au Haut-Karabagh sous occupation arménienne depuis 1990 et que la date de cette conférence coïncidait avec la date de commémoration du massacre de Khodjaly où 613 Azerbaidjanais ont été tués en une nuit par l’armée arménienne qui occupe 20% du territoire azerbaidjanais malgré 5 résolutions de l’ONU.
Sur son état médical, l’invitée, madame FATALIYEVA a précisé : « , je suis encore sous le choc, j’ai été traumatisée par cette tentative de lynchage effroyable survenue au cœur de l’Assemblée nationale. Je ne m’attendais absolument pas une telle violence, à une telle haine. J’ai du mal à dormir les nuits, je fais des cauchemars dès que je ferme l’œil, je suis profondément déstabilisée, je suis constamment dans un sentiment d’insécurité, j’ai peur, j’ai peur pour ma famille, j’ai peur pour moi. Cette agression m’a profondément affectée, j’en suis remuée et choquée. A vrai dire, j’ai été terrorisé par un tel déferlement de violence contre Vusal Huseynov et moi-même. »

Lorsque l’animateur lui a demandé pourquoi elle était allée à cet évènement, elle a expliqué : « Comme l’Assemblée nationale est le symbole de la démocratie française, nous souhaitions aller à cette conférence pour entendre leur opinion et essayer de dialoguer pacifiquement. Nous pensions pouvoir poser des questions. Comme ces deux pays sont en guerre depuis des années, nous voulions passer un message de paix. En outre, dans le titre de la conférence il y avait « perspectives d’avenir » et l’avenir se construit à deux, pas seuls. Notre démarche était purement citoyenne et constructive. »

Puis, madame Fataliyeva a renchérit : « Je me suis inscrite par téléphone au Bureau de la Cause arménienne et j’avais précisé que nous serions 2 personnes. J’ai su que beaucoup d’autres Franco-Azerbaidjanais ont voulu s’inscrire mais ils ont été refusés. Apparemment Seule ma demande a été acceptée, je ne sais pas pourquoi. »

Ensuite , elle a précisé qu’elle ne savait rien des organisateurs, ni de leur liens avec les nationalistes de la FRA Dachnaksoutioun.

Elle a aussi expliqué que son collègue, Vusal Huseynov est un « jeune chercheur azerbaïdjanais boursier de l’état français. » qui a été héroïque car il l’a sauvée d’un lynchage. « Il a été roué de coups par toute une foule d’extrémistes haineux, ils ont essayé de l’étrangler, il a toujours du mal à manger, il a de fortes douleurs. » a-t-elle détaillé.

Madame Fataliyeva a indiqué que plus d’une centaine de personnes assistaient à cette conférence qui devait être consacrée aux évènements de Soumgait survenu en URSS mais que ceux qui prenaient la parole, au lieu de parler de Soumgait, ne faisaient que critiquer l’Azerbaïdjan. « et (ne parlaient) encore moins des « perspectives d’avenir » contrairement à l’annonce sur leur affiche par les organisateurs. » a-t-elle rajouté.

A la question de l’animateur, madame Fataliyeva a indiqué : « Oui notre présence a été remarquée de suite car quelques personnes n’arrêtaient pas de nous dévisager en regardant sans arrêt vers nous. »

Lorsque l’animateur de Politika a demandé à la victime de raconter l’agression, elle a expliqué ainsi (retranscription) : « Après 4 interventions, l’animatrice a clôturé la conférence et a demandé une minute de silence. Nous ne nous sommes pas levés pour montrer notre désaccord car ils refusaient le dialogue et la paix qu’ils prétendent vouloir.

Toute la salle a commencé à crier « debout, debout » en insistant, je me suis levée et j’ai dit : « Aujourd’hui c’est le 21e anniversaire du massacre de Khodjaly et nous souhaiterions observer une minute de silence en leur mémoire », à ce moment un monsieur d’une quarantaine d’année, a crié sur moi puis m’a brutalisée en me tirant par le bras droit de façon violente vers le bas et a voulu porter sa main sur ma bouche. A ce moment, mon camarade Vusal Huseynov lui a demandé de me laisser en disant « Démocratie, démocratie ». J’ai répété ma phrase et lorsque la minute de silence fut écoulée, la même personne m’a giflée et toute la salle nous est tombée dessus. J’ai reçu des coups de pieds, des coups de poings de partout. M.Huseynov a essayé de me défendre mais ils étaient trop nombreux à nous rouer de coups. J’ai réussi finalement à sortir de cette foule et je me suis échappée en demandant à M.Huseynov de me suivre. Nous sommes parvenus à nous extraire en étant toujours poursuivis par les agresseurs. Nous étions en état de choc face à tant de violence et de haine, puis en essayant de fuir nous nous sommes retrouvés de nouveau dans la même salle par une autre porte. Ils nous ont encore frappés, giflés, insultés. C’était des insultes racistes. Vusal a été victime de tentative d’étranglement à plusieurs reprises. J’ai réussi de nouveau à m’échapper et à la sortie de la porte, un monsieur que j’ai reconnu par la suite à la gendarmerie m’a violement tiré les cheveux et m’a dit « où tu vas ? tu restes ici ! » en essayant de me garder dans la salle.
J’ai pu m’enfuir et j’ai vu une porte entrouverte et je suis entrée dans cette salle où il y avait une réunion. J’ai reconnu certaines personnalités politiques comme M. Jean –Louis Borloo, M. Hervé Morin et j’étais en état de panique, terrorisée, j’ai crié « nous avons été agressés sauvagement et DES Arméniens sont en train de frapper violemment un Azerbaïdjanais, si vous n’intervenez pas, ils vont le tuer. Appelez la police s’il vous plaît, sauvez le, ils vont le tuer »
Une personne dans cette salle m’a suggéré d’appeler notre ambassadeur, elle a dit « il faut appeler votre Ambassadeur si vous avez ses coordonnées ». , j’ai répondu « oui je l’ai ». Comme je suis présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan, on m’avait donné le numéro de l’ambassadeur. J’ai appelé une première fois, et réessayé une deuxième fois, mais personne n’a répondu. Donc j’ai appelé une amie. Elle était à une inauguration au centre culturel de l’ambassade d’Azerbaïdjan, c’est elle qui a alerté l’ambassadeur. Dans la salle de l’UDI, ils ont essayé de me calmer mais j’étais morte d’inquiétude pour mon ami Vusal Huseynov qui était toujours entre les mains des agresseurs et en train de se faire passer à tabac. »
Ensuite, l’animateur de Radio MIT, a mentionné une vidéo diffusée par la télévision arménienne en expliquant que : « cette vidéo a malheureusement été recomposée suite à plusieurs ablations et collages. Tout d’abord, disons que cette vidéo mutilée est un témoignage flagrant de la malhonnêteté de la partie qui a diffusée la vidéo. Sinon, pourquoi faire un montage ? Pourquoi enlever des parties ? Qu’ont-ils à cacher ? »

Lorsque l’animateur a demandé si madame Fataliyeva avait reconnu ses agresseurs, celle-ci a rétorqué : « J’ai été frappée et très violemment par de nombreuses personnes dont j’ignore l’identité. Mais lorsque j’ai vu des photos, j’ai reconnu certains de mes agresseurs. Je l’ai indiqué à la police et j’espère qu’elle parviendra à tous les identifier même s’ils étaient nombreux. »

Visiblement, madame Fataliyeva n’a pas souhaité citer de noms à l’antenne car « la procédure est en cours ».

Suite à l’agression, madame Fataliyeva et monsieur Huseynov ont été emmenés à l’hôpital Cochin pour des examens. « j’ai eu 3 jour d’interruption temporaire et M. Huseynov, 5 jours sous réserve de complications. J’ai toujours du mal à manger, j’ai des maux de têtes violents, des vomissements, des vertiges, un sentiment d’insécurité et de peur permanent pour ma famille et pour moi.
M. Huseynov a également beaucoup de mal à marcher, des douleurs violentes au niveau du cou, de l’épaule, de l’abdomen, des maux de tête et surtout nous sommes terrorisés psychologiquement. »

La victime a précisé avoir déposé plainte et ses avocats seraient Maitre Henri de Beauregard et Maitre Charles Morel. Ce sur quoi, l’animateur a précisé : « c’est certainement de bon augure car Maître Morel a gagné deux procès contre la turcophobie, celui de Maxime Gauin en 2010 et celui de Sirma Oran-Martz la semaine passée. Espérons qu’avec le vôtre, il fera un triplé gagnant. ».

A la question « Qu’attendez-vous de la justice française ? », Mirvari Fataliyeva a fait valoir : « Tout simplement qu’elle rende la Justice et je n’ai aucun doute sur le fait que la justice de mon pays, La France, saura punir ces gens qui sont animés par la haine et n’agissent que par la violence, même contre une femme, même quand c’est dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Cette violence est inacceptable et honteuse. Ces extrémistes ont insulté la République française et son parlement. Ils ont insulté toutes les valeurs de notre pays, La France, ils ont insulté sa démocratie, ils ont insulté sa liberté d’expression. Ils doivent être punis et très sévèrement. Ils doivent être condamnés à la hauteur de la lâcheté dont ils ont fait preuve en attaquant une femme et un étudiant. Mes avocats étudieront toutes les responsabilités dans l’enchainement qui a abouti à cette violence. J’attends, en ma qualité de femme française, que justice soit faite et que ces hommes haineux qui m’ont frappé, soient condamnés pour cet acte ignoble et scandaleux selon les lois de mon pays, la France. »

Ensuite, l’animateur a cité une remarque soulevée par l’historien Maxime Gauin dans son article publié par Turquie News : « Par une coïncidence vraiment remarquable, le très nationaliste collectif VAN (groupuscule créé en 2004 à l’initiative, entre autre, de la FRA) a mis en ligne, le 22 février (soit trois jours avant l’évènement), un compte-rendu de l’entretien accordé par Mme Fataliyeva à la radio Made in Turkey, alors que cet entretien avait eu lieu un mois auparavant. Or, le moins qu’on puisse dire des commentaires du collectif VAN, c’est qu’ils n’incitaient ni à la bienveillance ni à la douceur envers Mme Fataliyeva. ».

Lorsque l’animateur a demandé à la victime : « Pensez-vous qu’il y ait un lien entre la publication très accusatrice de ce groupuscule, le Collectif Van et votre tentative de lynchage ? », madame Fataliyeva a répondu : « Maxime Gauin a raison de soulever cette coïncidence troublante. La justice fera les investigations afin de déterminer un éventuel lien et si une responsabilité est établie alors toute incitation à la haine devra être sanctionnée. En tous cas, je suis vraiment très étonnée d’avoir été la seule qui ai été acceptée à la conférence alors que tous les autres Franco-Azerbaïdjanais se sont vu refuser l’accès. »

L’invitée victime, Mirvari Fataliyeva a conclu l’entretien par un message à l’attention de ceux qui lui ont témoigné leur solidarité : « A tous, à tous ceux qui nous ont soutenus, j’aimerais leur dire un grand merci, leur solidarité nous est précieuse. Nous sommes très émus. Merci encore. »

Selon nos sources, le député François Rochebloine serait celui qui a tiré Mirvari Fataliyeva par les cheveux afin de l’empêcher de fuir ses agresseurs, en disant : « Où tu vas ? Tu restes ici ! ».

L’affaire est dans les mains de la justice qui établira toutes les responsabilités.

Ecouter l’interview de Mme Mirvari FATALIYEVA.


Ecouter ou réécouter les trois interviews de la soirée :
- Mirvari FATALIYEVA
- Jean-Louis DUMONT
- Norman STONE


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