PARIS : Violences à l’Assemblée nationale

mardi 5 mars 2013, par Sophie C.

Mirvari Fataliyeva violemment agressée à l’Assemblée Nationale

En cette nuit du 25 au 26 février 1992, Mirvari avait huit ans. Elle était une fillette pleine de rêves, d’amour, comme le sont à cet âge les enfants du monde entier. La tragédie est arrivée brutalement. Devant ses yeux sont morts des membres de sa famille, ses voisins, des amis, des enfants, des femmes, des personnes âgées, massacrés pour le seul fait d’être azéris par les forces armées d’Arméne. 613 civils ont été tués dans ce village de Khodjali (prononcez, à peu près, Rodjale) qui comptait alors 2500 âmes. Les autres ont été mutilés, torturés, déplacés, ont fui. Beaucoup ont disparu.
Dix ans plus tard, Mirvari Fataliyeva est arrivée en France. Brillante étudiante, après des études de langues à Bakou, elle est entrée à l’université à Paris et passé avec succès un Master en Etudes européennes et Relations internationales. Comme beaucoup d’Azerbaïdjanais, comme son père qui lisait toute la littérature française en russe et en azéri, Mirvari est très francophile. Elle a lu pendant son adolescence Victor Hugo, Stendhal, Sartre... Elle était heureuse de rejoindre le pays des droits de l’homme, un carrefour des cultures. En 2003, elle crée l’AFAJ avec des amis. L’Association Franco-Azerbaïdjanaise de la Jeunesse a été lancée malgré de faibles moyens avec un très fort enthousiasme. La France n’a-t-elle pas été un des tout premiers pays au monde à reconnaître l’Azerbaïdjan indépendant ! La Maison de l’Azerbaïdjan à Paris a été créée dès 1992, pour promouvoir la culture de ce pays caucasien.
En septembre 2012, Mirvari Fataliyeva a "repris" la présidence de la Maison de l’Azerbaïdjan pour développer de nouveaux projets culturels et économiques entre les deux pays. Les Azerbaïdjanais ne sont pas très nombreux (de 4000 à 6000 personnes) en France mais ils sont très dynamiques. Les échanges économiques se développent de façon très importante, non seulement par le pétrole et le gaz, mais dans des domaines très divers comme l’agro-alimentaire, les cosmétiques, les transports en commun, l’écologie et les énergies renouvelables... La jeune présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan, devenue française, joue un rôle de premier plan dans ce développement commercial et dans les échanges culturels. Les premiers jumelages se réalisent en 2013, à l’instar de celui de la ville de L’Aigle.

Commémoration

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Le 26 février, jour de commémoration du massacre de Khodjali, elle assiste à une conférence organisée à l’Assemblée nationale par les mouvements nationalistes arméniens. Elle est accompagnée par un ami étudiant azerbaïdjanais, Vusal Huseynov. La Salle Colbert du Palais Bourbon a été mise à la disposition d’un député UDI dont la sympathie avec "la cause arménienne" est bien connue. Tous deux se font vite remarqués par l’assistance (une quarantaine de personnes) car ils n’applaudissent pas et sont restés assis au moment d’une minute de silence demandée par les organisateurs en mémoire des victimes arméniennes de Soumgaït (27 février 1988). Mirvari prend la parole et se fait alors rouer de coups. Protégée par son ami, elle ne peut s’en sortir qu’en se réfugiant dans une pièce voisine, occupée par une réunion... de l’UDI, en présence de Jean-Louis Borloo. La gendarmerie est chargée de l’enquête sur les faits qui se sont déroulés au coeur même de la République française.
Mirvari Fataliyeva s’étonne de cette présence violente de mouvements ultra-nationalistes arméniens au sein même du Palais Bourbon, avec le soutien actif de parlementaires français qui ne lui ont pas porté secours. Mais, dans cette "sale guerre" du Caucase que tentent de raviver les plus extrémistes, elle continue à affirmer sa conviction : "Nous avons le droit de notre côté. Un jour, nous allons libérer le territoire de nos ancêtres".

Sources : Entre-Gens


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