La France rappelle à la Turquie que ses diplomates ont le droit d’assister à des procès

mercredi 30 mars 2016, par Hakan

La France a rappelé mardi à la Turquie qu’elle était dans son droit en envoyant, la semaine dernière à Istanbul, un de ses diplomates assister en tant qu’observateur au procès pour espionnage de deux journalistes d’opposition.

"Les diplomates suivent l’actualité de leur pays de résidence et, à ce titre, assistent régulièrement à des audiences judiciaires en tant qu’observateurs, à travers le monde. Cette pratique est conforme aux conventions de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires", a affirmé le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Selon une source diplomatique turque, Ankara a protesté lundi auprès de plusieurs pays après les commentaires affichés vendredi à Istanbul sur les réseaux sociaux par des diplomates présents au procès du rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet, Can Dündar, et de son chef de bureau à Ankara, Erdem Gül.

Le ministre de la Justice Bekir Bozdag a jugé "inacceptable" le comportement des diplomates lors de ce procès, ont rapporté les médias turcs.

"La liberté d’expression et de la presse, le droit d’informer et la capacité à exprimer des points de vue critiques sont des composantes essentielles du débat démocratique, a fortiori dans un pays membre du Conseil de l’Europe et candidat à l’Union européenne. C’est dans ce contexte que notre consule générale à Istanbul a assisté le 25 mars, en tant qu’observateur et avec d’autres diplomates, notamment européens, au procès de Can Dündar et Erdem Gül", a ajouté le ministère.

"Nous continuerons de suivre, avec nos partenaires européens, les développements en Turquie, avec laquelle nous entretenons un dialogue dense, confiant et constructif", a encore ajouté Paris.

Très critiques du pouvoir turc, Can Dündar et Erdem Gül sont jugés pour avoir accusé le gouvernement de livraisons d’armes par des camions des services de renseignement turcs (MIT) à des rebelles islamistes en Syrie, en janvier 2014.

Les accusations contre les journalistes, par la justice et le régime turc, ont suscité un tollé dans l’opposition turque, les ONG de défense des libertés et de nombreuses capitales étrangères, qui dénoncent une dérive autoritaire de M. Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

Source : AFP


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