Kati Piri : « Nous avons besoin d’une Turquie stable et plus démocratique »

jeudi 14 avril 2016, par Hakan

Dans le texte, les députés font notamment part de leurs inquiétudes quant à la liberté de la presse et à l’état de droit dans le pays. Nous avons rencontré l’auteur du rapport, la députée démocrate socialiste néerlandaise Kati Piri. Elle nous en dit plus sur la coopération avec la Turquie à la lumière du récent accord sur l’immigration.

La Turquie est-elle sur la bonne voie vers une adhésion à l’Union européenne ? Qu’en est-il de la liberté de la presse dans le pays ?

De manière générale, la Turquie s’éloigne de plus en plus du respect des normes européennes. Nous sommes inquiets quant à certains développements internes, en ce qui concerne notamment la liberté des médias, l’état de droit et la situation dans le sud-est du pays.

Le besoin de coopération avec la Turquie sur la question de l’immigration risque-t-elle de mettre à mal le respect des droits de l’homme ?

C’est bien sûr le risque, mais le Parlement européen insiste très clairement sur le fait que cela ne devrait pas se produire. Nous avons émis il y a quelques mois des critiques vis-à-vis de la Commission européenne concernant le retard de son rapport critique sur la Turquie juste avant les élections. Nous pensons qu’il s’agissait là d’un mauvais signal à donner.

Le Parlement se montre unanime sur le fait que la coopération sur la question de l’immigration ne devrait pas être liée à l’adhésion. Les critères d’adhésion sont des critères qui doivent être remplis et qui ne sont pas négociables en contrepartie d’une coopération sur l’immigration. Ce n’est pas comme cela qu’un processus d’élargissement crédible doit être mené.

Les États membres sont prêts à trouver une solution efficace à la crise migratoire avec l’aide de la Turquie. Comment éviter de se précipiter vers des accords tels que celui sur la libéralisation des visas ?

Pour faire de la Turquie un partenaire crédible, nous avons besoin d’une Turquie stable et plus démocratique. Nous ne pouvons pas simplement dire que nous n’allons pas évoquer les autres problématiques en raison de la crise migratoire. C’est le message que le Parlement souhaite donner à travers ce rapport. La Turquie étant un pays candidat, nous allons aussi devoir nous pencher sur certains développements internes et en discuter ouvertement avec le gouvernement.

Nous devrions nous pencher sur une facilitation des visas, comme nous l’avons fait pour beaucoup d’autres pays, mais uniquement une fois les critères remplis.

Nous travaillons sur des critères clairs tels que la qualité des passeports ou le contrôle aux frontières. Ces deux dernières années, la Turquie a fait beaucoup de progrès. Néanmoins, un tiers des 72 exigences doit toujours être rempli. Pour moi, il n’est pas réaliste de dire que la Turquie parviendra à adopter toute cette législation en un mois si elle ne l’a pas fait au cours de ces deux dernières années.

Dès que la législation entrera en vigueur et que les critères seront remplis, je ne vois pas d’obstacle à une levée des obligations de visas pour les citoyens turcs.

REF. : 20160412STO22652
Source : avec €uro Parlement


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