Lettre d’une femme au Président de la République à propos de l’agression anti-azérie à l’Assemblé nationale

lundi 4 mars 2013

Lettre d’une femme française à Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président,

Je me permets de vous écrire à la suite des récents évènements survenus
à l’Assemblée Nationale au sein de laquelle s’est tenu, le 26 février dernier,
un rassemblement, semble-t-il organisé par des Arméniens sous l’égide d’un
parlementaire, Monsieur Rochebloine, député pro-arménien, afin de commémorer les
victimes d’un massacre qui aurait été commis par l’Azerbaïdjan sur les Arméniens, et
auquel étaient invités deux étudiants azerbaïdjanais.

Au cours de cette réunion une altercation est survenue en raison du refus, par les
deux étudiants, de se lever pour marquer la minute de silence imposée par les
Arméniens et leur porte parole, le député Rochebloine, au motif que ces derniers
étaient là pour commémorer une autre tragédie, celle-ci commise par les Arméniens
sur le peuple azerbaïdjanais.

Au cours de cette altercation, 40 hommes courageux s’en sont pris à une femme et
l’ont rouée de coups.

Je n’ai, ni l’intention de rentrer dans les détails de cette affaire, ni de prendre partie
pour ces évènements, pour la simple raison que ceux-ci ne concernent nullement la
France mais qu’ils relèvent de l’histoire de l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Au-delà de la question qu’une citoyenne française est en droit de se poser
concernant la légitimité de cette célébration dans un lieu représentatif des instances
républicaines de notre pays, je tiens surtout et avant tout à vous exprimer ma colère
la plus vive sur le comportement de ces individus qui ont collectivement et avec
l’assentiment d’un député de notre république porté la main sur une femme en la
rouant de coups.

N’eût été le secours que lui a apporté Monsieur Jean-Louis Borloo, le dénouement
aurait pu être tragique.

Je ne sais ce que vaut la condition féminine en Arménie, mais je suis en droit de
m’interroger et de m’imaginer qu’une femme ne doit représenter pour les hommes
arméniens – et cet évènement me conforte dans cette opinion – qu’un individu sans
droits que l’on peut maltraiter et violenter sans impunité, lorsque cette dernière ne
s’exécute pas aux ordres donnés – en l’occurrence celui d’observer une minute de
silence, même si cette dernière avait des opinions contraires –.

J’ose espérer que la Justice de mon pays fera son travail et condamnera
ces « lâches » à la hauteur du courage dont ils ont fait preuve. Le contraire
démontrerait que la condition féminine en France peut être à tout moment bafouée
sans impunité et de surcroit avec l’assentiment de la République, car c’est au sein
même de notre parlement que les faits se sont déroulés et avec la présence et la
complicité d’un élu.

A cet effet, j’ose également espérer que Monsieur Rochebloine, député
ayant organisé cette célébration pour laquelle il fait preuve de la plus grande
irresponsabilité, rendra compte de ses actes, ce dernier, élu de notre pays, se devant
de représenter les valeurs de la France.

J’entends, en ma qualité de femme française, que justice soit faite et que cette
quarantaine d’hommes qui ont frappé une femme, seront condamnés pour cet acte
selon les lois de mon pays.

Je veux espérer que demain, nos filles ne subiront pas le même sort lorsqu’elles
opposeront leurs opinions, qu’elles pourront continuer à exercer leur liberté
d’expression et à s’épanouir dans le pays des droits de l’homme.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en ma haute considération.
(signature)


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