Histoire d’amitié entre les peuples Irlandais et Turc

samedi 2 mai 2015, par Pakize Temel

L’Irlande se trouva confronté à une famine comme l’Europe en avait rarement connu. Elle causa la mort d’un million de personnes, l’expatriation de 2 millions d’autres et fit 3 millions de pauvres. Cette catastrophe toucha les 3/4 de la population, elle fut provoquée par un champignon micromycète, le phytophtora infestans qui engendre une maladie : le mildiou de la pomme de terre.

L’Hiver 1846-1847 fut particulièrement froid et d’autres calamités résultant de la famine vinrent se greffer : typhus, choléra, scorbut, dysenterie, etc. Des régions entières se dépeuplèrent, on disait que “les épidémies s’arrêtaient lorsqu’il n’y avait plus personne pour mourir.” Les land lords (propriétaires terriens) se débarrassaient de leurs paysans trop faibles pour travailler. Un village entier en exode mourut en un jour dans la vallée de Delphi dans le Connemara (mars 1847). La reine Victoria répondit à cette catastrophe par la politique du laisser faire alors que l’armée britannique possédait les plus grandes réserves alimentaires d’Europe qu’elle refusa de partager.
Le Sultan Abdulmecit, n’étant pas resté insensible au sort des Irlandais, déclara alors son intention d’envoyer l’équivalent de 10,000 sterling aux irlandais.

Le Royaume d’Angleterre, (de confession protestante), occupait l’Irlande (de confession catholique), soumettant les Irlandais à une oppression et à des discriminations religieuses et ne voyait pas d’un bon œil cette aide ottomane.

La Reine Victoria fit pression pour que la somme soit inférieure à l’aide qu’elle-même accorda, soit 2000 £. Le Sultan accepta de réduire son aide à seulement 1,000 £ mais envoya par la suite, « discrètement » trois navires chargés de vivres et de médecins. Lorsque les autorités anglaises apprirent l’envoi des convois humanitaires ottomans à destination de divers ports irlandais, elles firent tout leur possible pour les bloquer, mais les navires parvinrent à décharger leurs cargaisons au port de Drogheda, une ville au nord de Dublin.


Aujourd’hui, les armoiries de la commune sont ornés d’une étoile et un croissant lunaire, « en souvenir de l’aide ottomane » dit-on, mais ce point est discuté. En effet, le roi Richard « cœur de lion » aurait adopté ce symbole en 1192 après avoir conquis Chypre sur les Byzantins au cours de sa IIIème croisade...

Ce qui est vrai toutefois est la plaque qui orne l’entrée du Westcourt Hotel, à Drogheda. En 1995, le Maire de Drogheda, William Frank, fit poser cette plaque en signe de reconnaissance envers le peuple turc, à l’entrée du même hôtel qui hébergea les marins ottomans responsables de la distribution des vivres qu’ils apportèrent.

Enfin, notons aussi que l’écusson de l’équipe de football de Drogheda porte le même symbole, plus proche de notre drapeau turc et curieusement, aux couleurs de notre équipe turque de Trabzonspor…. Si vous faites un tour ici vous comprendrez pourquoi :)

Sources :
1 - Saudi Aramco World
2 - Ministre des Affaires Etrangère


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